Comme chaque années, le dernier dimanche du mois d'avril est consacré à la cérémonie de la déportation au cimetière de Limours. C'est une cérémonie ou tous les
habitants du canton et au delà sont invités à laquelle je suis particulièrement attachée à la fois pour notre Histoire, pour notre passé et pour notre avenir.
Elle est émouvante,elle est vrai, elle me prend les tripes et grace au violon de Dan Danilescu, elle a un supplément d'ame.
ci joint mon discours:
Imaginez les en 1945, SORTIR DOUCEMENT DE RAVENSBRUCK .. BIRKENAU .. AUSCHWITZ, imaginez le poids sur leurs épaules, ils portent en
eux le million d’enfantsassassinés, ils portent en eux les tortures, ils respirent encore l’odeur des cadavres que l’on leur a fait charrier, le bruit des dents en or que l’on arrache, la musique
lancinante de l’orchestre venu couvrir les cris
imaginez leur démarche titubante,leur premier pas de liberté le regard eperdu,l’œil incrédule,come lorsque vous sortez d’un cauchemar
sans bien mesurer la réalité
ils sortent de ravensbruck,d’auschwitz de birkenau ces silhouetets fantomatiques qui,vont rentrer chez eux quand il reste un chez
soi,où iront ils puiser cette enrgie pour tout reconstruire leur être ,leur mental et demain une famille, comment leur rire aura-t-il un jour perdu le gout de cendre ?
Quel cancer mental et collectif peut-il conduire dezs hommes a mettre dans un four un enfant de 6 mois ? comment
comprendre ?
Quels étaient ces hommes, ces pères de famille, qui en enfilant un uniforme brun perdaient tout esprit de
résistance, TOUTE HUMANITE
quelles furent leurs nuits a ces bourreaux du quotidien qui rentrèrent chez eux tranquillement après la
guerre pour n’avoir été que des exécutants pour n’avoir qu’exécuter.
Qu’ont ils pu dire à leurs proches, a leurs enfants, ont ils balayé du revers d’une main d’un »c était la guerre
», « c’était les ordres »
notre combat, notre quête est bien là a comprendre ce qui transforme un homme civilisé en bête immonde, notre combat est bien de rien
laisser passer, de ne rien banaliser, pour que personne ne nous prépare avec des chemises brunes a des matins bruns,
Où étions nous les démocrates ? les fils de Rousseau,de victor hugo et de Zola ?Quelle lacheté coupable a fait
baisser les yeux d’une nation entière ?
Hier comme aujourdhui,le silence est la pire des formes de complicité ,des veuleries
Seuls a laver notre honneur,les résistan,ts, l’homme de Londres,les justes
Oui, il y a eu de gaulle à Londres mais combien étaient vichy ?
Oui, il y a eu la résistance, mais combien de nos concitoyens ont protesté devant les lois anti sémites
?
Oui il y a cette allée des justes à jerusalem,
ce panthéon de l’humanité vraie,
mais combien de français ont détourné le regard devant les enfants raflés. ?
pire combien les ont dénoncé ?
Honneurs a cette poignée d’hommes et de femmes qui nous ont distingué de la barbarie,
mais mémoire de tous ceux qui n’ont rien voulu voir, qui n’ont pas entendu claqué les portes des wagons,
Mémoire vivante pour qu’on ne nous transforme pas la mort d’un million d’enfants en
détail,
Mémoire parce que celle ci fonde l’avenir, parce que l’histoire est notre présent, notre
devenir
Il est des croix plantés dans nos cœurs qui s’appellent drancy, strutoff, sobibor, dachau , mathausen, auschwitz
Ces rescapés des camps qui reposent dans cette tobe,parmi nous sur ce coteau, tous ceux la nous disent à quel point l’esprit de
résistance doit nous animer
combien il ne faut pas tolérer l’intolérance, combien la fraternité est de rigueur.
Il nous faut sans cesse être les sentinelles contre la barbarie, cette barbarie d’autant plus violente qu’elle est en nous
Cet esprit de résistance,il nous faut l’incarner, comme ce samuel,fils de commercants juifs dans la confection,qui est de ceux qui a
sauvé l’honneur de notre pays et que vous connaissez sous son nom de guerre « raymond aubrac » au point de s’interroger si le racisme ne commence en ayant oublié ce joli nom de samuel
.Il disait
Dès le premier jour, dès l'appel du 18 juin 1940 dans lequel de
Gaulle a expliqué que la
perte d'une bataille ne voulait pas dire que nous avions perdu
la guerre, une seule chose
nous a guidés : l'optimisme, la conviction qu'en nous
engageant, nous pouvions
changer les choses.
Raymond samuel nous a laissé en heritage trois mots : Résister, reconstruire, transmettre
A nous de garder cet esprit de résistance, de sans cesse reconstruire ce que la haine veut défaire et de transmettre ce message
d’espoir
Alors ce matin ,j’ai une pensée particulière pour arieh 5 ans ,gabriel 3 ans et leur père jonathan,j’ai le corps en révolte pour
myriam monsonégo 8 ans attrappée par les cheveux et abattu d’une balle dans la tête dans une école de toulouse au seul prétexte qu’elle était juive,
les ombres sorties des camps nous dictent que tout enfant peut sortir en 2012 de l’école hozar torah sans jamais craindre d’être
abattu sous prétexte qu’il est juif,musulman ou catholique
qu’il est inutile que nous nous réunissions ici,si le racisme prend le pas sur notre âme
raymond samuel ,le proche de jean moulin ,le combattant aimait cette phrase de spinoza :
"Un homme libre ne pense à aucune chosemoins qu'à la
mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de
la vie".
Et c’est bien la vie qu’il nous faut célébrer ce matin